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Guide de culture

Culture du potimarron – maîtriser les étapes du semis à la conservation

Culture du potimarron – maîtriser les étapes du semis à la conservation

En plein champ ou sous abri selon les régions, le potimarron est une culture tout à fait accessible aux maraîchers français, conventionnels ou bio. En respectant les étapes clés de sa production, cette espèce s’avère même être très rentable.

Intérêts agronomiques et conditions de culture

Un légume rustique et adaptable

 

Le potimarron se distingue par sa robustesse et sa capacité d’adaptation à un grand nombre de terroirs. Même s’il ne supporte pas le gel, il tolère bien les écarts de température et requiert moins d’intrants que d’autres légumes. Son cycle de culture dure entre 80 et 100 jours et comprend plusieurs phases : 

 

  • la levée (3 à 7 jours) ;
  • le développement végétatif (1 mois) ;
  • la floraison (1 à 3 semaines) ;
  • le grossissement des fruits (2 à 4 semaines) ;
  • et la maturation (qui peut varier selon le mode de récolte).

 

Conditions pédoclimatiques idéales

 

Le potimarron prospère dans des sols riches en matière organique, bien drainés et au pH légèrement acide à neutre (6 à 7). La terre ne doit pas être trop lourde ou compacte afin d’éviter des maladies voire un développement insuffisant des racines. Les températures comprises entre 20 et 25° favorisent un développement idéal. 

La floraison et la pollinisation

floraison

La floraison du potimarron peut durer de 1 à 3 semaines environ. Toutefois le laps de temps disponible pour la fécondation des fleurs reste très court : pas plus d’une matinée ! 

 

Pour favoriser une pollinisation efficace, des solutions naturelles existent, comme la proximité de haies ou de talus enherbés, refuges privilégiés d’insectes pollinisateurs. Une autre solution s’offre à vous : semer à proximité de la culture du potimarron des mélanges d’herbes pour attirer les insectes et favoriser une bonne pollinisation.

 

Nos mélanges Beez  (conventionnel) et Abeille (bio), ont été spécialement conçus pour attirer les pollinisateurs dans votre parcelle ! Une bande fleurie parfaitement adaptée à votre culture potimarron.

Conduite culturale et itinéraire technique du potimarron

Préparation du sol et fertilisation

 

Pour une culture optimale du potimarron, une fertilisation adaptée est essentielle. Prévoyez un apport de compost ou de fumier de 3 à 5 kg/m². Pour un rendement de 15 t/ha, les besoins moyens sont de 90-100 unités d'azote, 25 unités de phosphore et 220 unités de potasse (attention : lors du développement des fruits, la plante devient très gourmande en potasse). 

 

Semis et plantation

 

Le semis se fait dans un sol fin et aéré, avec une température supérieure à 18 °C. Il peut être réalisé sous film de paillage (polyéthylène ou biodégradable), surtout les régions situées plus au nord. Dans le Sud de la France, le potimarron peut être semé directement en plein champ et un paillage organique permettra surtout de limiter la concurrence des adventices.

Au niveau de la densité de plantation : 

  • Pour une culture mécanisable en plein champ, prévoyez 1 plant / m².
  • Pour une culture intensive avec une irrigation maîtrisée, il est possible de prévoir 1,5 voire 2 plants / m².

 

Irrigation et gestion de l’eau

 

Une irrigation au goutte-à-goutte régulière et maîtrisée est recommandée pour maintenir une humidité constante sans excès, notamment durant la floraison et la nouaison. Même si le potimarron supporte relativement bien les périodes de sécheresse modérées, un déficit hydrique trop important viendrait réduire la taille et la qualité des fruits. A l’inverse, une trop grande quantité d’eau provoque l’éclatement des fruits.

Protection et lutte contre les bioagresseurs et les virus

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Les pucerons peuvent représenter un danger certain pour les cultures de potimarron. La pulvérisation de savon noir ou le lâcher de coccinelles peut aider à lutter contre ces ravageurs. Mais il ne s’agit pas de la seule menace. Les oiseaux par exemples sont très friands de graines et sont capables de venir profiter des semences directement en champ. L’utilisation de jeunes plants aide à éviter ces attaques en début de culture.

 

En plus des ravageurs, les maladies principales pour le potimarron sont : l’oïdium, le virus de mosaïque jaune de la courgette (ZYMV), le virus de la mosaïque de la pastèque (WMV) ou encore le virus des taches en anneaux du papayer (PRSV).

Récolte, conservation et valorisation

Critères et période de récolte

 

La maturité du potimarron est atteinte lorsque le pédoncule devient liégeux et la peau bien dure. Récolté trop précocement, le potimarron perd de ses qualités gustatives et une récolte tardive accentue le risque de pourriture. La fenêtre optimale de récolte est confirmée par un cumul de température de 370° entre la floraison femelle et la récolte.

 

Les potimarrons se récoltent ma­nuel­lement à la fin de l'été, avant les premières gelées et durant des journées plutôt sèches. Les fruits sont coupés lorsqu'ils sont bien colorés, que le feuillage des plants est sénescent (jaunissement) et que le pédoncule est sec. Les potimarrons sont alors séparés de leur plant en laissant quelques centimètres du pédoncule apparent au-dessus du fruit. Attention, lors du ramassage, les chocs et les blessures peuvent entrainer l’apparition de pathogènes qui favoriseront une pourriture des fruits. De plus, un mauvais séchage des pédoncules au moment du stockage peut favoriser une pourriture grise (Botrytis cinerea) d qui apparaît généralement dans les deux semaines après le début du stockage.

 

Les conditions de stockage optimales du potimarron

 

Dans certains cas, la phase dite de "curing" permet de cicatriser les fruits. Pour cela, il suffit de laisser environ dix jours les fruits au soleil ou protégés par un tunnel plastique. Ensuite les fruits sont stockés dans un local ventilé et régulé entre 12-15 °C avec une humidité relative de 70 à 75 %. La conservation dure environ 2 à 5 mois, mais celle-ci devient critique au-delà de trois mois en raison des risques de pourriture. 

 

Au-delà des trois mois de conservation, le risque pour les potimarrons vient surtout du champignon Didymella bryoniae qui provoque des tâches noires sur les fruits. Les premiers symptômes peuvent être visibles en champ. Même si les fruits attaqués ne sont pas conservés, ils peuvent favoriser la multiplication du champignon. De plus, d’autres champignons peuvent se développer à la fin de la conservation : Phoma, Colletotrichum, Alternaria,etc. C’est pourquoi le stockage reste probablement la phase la plus délicate et complexe de l’itinéraire de production du potimarron. L’impact de ces champignons peut varier selon les années, c’est pourquoi de nombreuses études sont en cours pour définir les causes et les facteurs de telles attaques.

 

Valorisation et débouchés commerciaux

 

Une fois récolté et stocké de manière optimale, le potimarron s’adresse à plusieurs marchés :

  • le marché du frais (vente directe, magasins bio, grande distribution) ;
  • la transformation agroalimentaire (purées, soupes, chips) ;
  • ou encore la restauration et les circuits courts.

 

Le potimarron se révèle être une culture rentable et accessible pour les maraîchers français. Avec un marché en pleine expansion, si la production est bien maîtrisée, elle peut s’avérer être un atout stratégique pour diversifier une exploitation tout en répondant à la demande croissante des consommateurs.

 

Source : CTIFL

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Date de publication: Mars 2025

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